l'espion et la monarchie: Fantasmes postcoloniaux ou l’espion qui effraie… les rédactions
« Au Maroc, l'espion de Mohamed VI qui inquiète le palais », mieux encore: «Au Maroc, la guerre secrète des espions de Mohammed VI: il y a une atmosphère de fin de règne » Rien que les titres suffisent à faire sourire. Ou plutôt à déclencher un éclat de rire. Des manchettes outrancières dont une certaine presse française raffole lorsqu’il s’agit du Royaume du Maroc : militante, idéologisée, nostalgique d’un temps où Paris croyait encore pouvoir distribuer des certificats de légitimité aux nations souveraines.
Il y a quelque chose de presque pathétique dans cette obsession. Dès qu’un obscur fonctionnaire, un ancien agent ou un subalterne en rupture de ban apparaît quelque part entre Madrid, Paris ou Bruxelles, certains journaux se mettent immédiatement à fantasmer une monarchie marocaine vacillante, un palais inquiet, un royaume au bord du séisme. Comme si l’État marocain, millénaire dans ses racines, pouvait être ébranlé par les errances d’un homme en fuite.
Il faut vraiment très mal connaître le Maroc pour imaginer cela ou peut être être mal intentionné et profondément atteint d'un véritable syndrome anti monarchique.
Le Royaume a traversé des guerres, des complots, des tentatives de coup d’État, des crises régionales majeures, le terrorisme, les bouleversements géopolitiques du Maghreb et du Sahel, et l’affaire du Sahara montée de toutes pièces par un voisin mal inspiré. Et l’on voudrait aujourd’hui faire croire qu’un agent en cavale pourrait « inquiéter le roi » ? Nous ne sommes plus dans le journalisme ; nous sommes dans le roman de gare.
Ce qui transparaît surtout, derrière ce genre de titre, c’est une vieille fascination française pour la monarchie marocaine. Une fascination centenaire, mêlée d’incompréhension et souvent d’envie. Et il y a de quoi : le Royaume du Maroc est envoûtant, passionnant. Il l’a été et le sera à jamais. Sa monarchie est millénaire. Avec celles du Japon et de Grande-Bretagne, elle exerce une fascination irrépressible partout dans le monde et beaucoup en France.
La France, elle, a décapité son roi dans un excès de zèle invraisemblable, maquillé en révolution du peuple; un récit inventé de toutes pièces auquel, en réalité, personne ne croit totalement. Elle passa des siècles à chercher des figures de remplacement : empereurs, présidents providentiels, hommes forts, monarchies républicaines déguisées. Ce pays est profondément monarchique.
Pendant ce temps, la monarchie marocaine est restée debout, enracinée, respectée et profondément liée à l’histoire du pays. Une monarchie voulue, de manière presque fusionnelle, par tout un peuple. Le Maroc est le plus ancien État-nation durable au monde.
Cela dérange certains milieux idéologiques français qui rêvent de voir partout la chute des institutions traditionnelles, surtout lorsqu’elles fonctionnent encore et conservent l’adhésion populaire. Une certaine nostalgie ressurgit à l’occasion.
Le plus cocasse reste la tendance de cette presse, depuis longtemps déjà, à transformer chaque affaire secondaire en « scandale d’État ». Un individu fuit ? Cela devient immédiatement « le séisme du palais ». Un livre hostile paraît ? On annonce « la fin du régime ». Un influenceur publie une vidéo ? Certains y voient déjà une révolution imminente. Le malheur est que cette presse ne recule devant rien, pas même devant le chantage au Royaume, quitte à se faire surprendre la main dans le sac.
Pendant ce temps, le Maroc avance.
Le pays construit ses infrastructures, développe ses industries, investit massivement dans les énergies renouvelables, prépare la Coupe du Monde 2030, renforce sa présence diplomatique en Afrique et consolide ses partenariats stratégiques avec les grandes puissances mondiales, y compris la France. Le pays a des institutions solides qu'il fait progresser et évoluer à son rythme au service de son peuple. Mais tout cela intéresse moins certains rédacteurs que la mise en scène grotesque d’un pseudo‑« espion » censé faire trembler Rabat.
Il y a, dans cette affaire, un mélange de méconnaissance, d’arrogance et de fantasme postcolonial : comme si le Maroc devait éternellement être regardé à travers le prisme des intrigues orientales, des palais obscurs et des récits sensationnalistes destinés à nourrir un lectorat de moins en moins nombreux, avide de clichés.
La réalité est beaucoup plus simple : les États sérieux ne s’effondrent pas parce qu’un agent déserte, parle ou fuit. Sinon aucune puissance au monde ne survivrait longtemps.
Sa Majesté le ROI Mohammed VI n’a certainement pas attendu des éditorialistes français en mal de sensation pour comprendre que services, rivalités et trahisons existent dans tous les pays du monde.
La différence, c’est qu’au Maroc l’État continue de fonctionner pendant que d’autres fabriquent des titres tapageurs pour masquer le vide de leur réflexion.
Vous l'avez compris j'ai parlé des errances de "Libération" et de "l'express", deux journaux français, d'une gauche en dérive, que la prochaine visite d'Etat du souverain marocain à Paris et les accords historiques qui seront signés à l'occasion dérangent beaucoup. Les relations entre les deux pays ont franchi un pas et seront encore plus solides que jamais n'en déplaise et une certaines presse et ses probables sponsors.